Babybjorn, qu’en dire aujourd’hui ?

Babybjorn, qu’en dire aujourd’hui ?

Vous le savez peut-être dans le microcosme du portage physiologique en France (et ailleurs) les porte-bébés à assise étroite n’ont pas bonne presse. Ils ne permettent pas de respecter l’enroulement du bébé, ne lui apportent pas le soutien nécessaire à son confort et sont également bien souvent peu pertinents en terme de confort pour le porteur. Ainsi, la marque Babybjorn, leader historique est bien souvent citée comme contre-exemple de ce qu’il faut faire et utiliser dans ce domaine.

Dans l’association dont je fais partie et dont j’ai le plaisir d’être la présidence (Transmettre Ensemble Le Portage, écoles de monitrice de portage française), nous avons pour valeurs principales l’écoute bienveillante des parents (qui impose une véritable ouverture d’esprit) et la transmission de connaissances rigoureuses et actualisées. A ce titre, nous ne pouvons pas rester dans des aprioris sur la mauvaise qualité de ces produits. En outre, nous nous devons de bien connaitre ceux-ci (au même titre que les autres) afin d’être malgré tout en mesure d’accompagner un parent qui aurait fait le choix de cet outil pour une raison ou une autre. En effet, nous ne sommes pas monitrices de portage en écharpe, mais bien monitrices de portage « tout court » même si nous avons bien évidemment à cœur que celui-ci soit le plus respectueux possible de la physiologie.

C’est dans cet état d’esprit, qu’après avoir reçu d’autres marques (Tinge Garden, Néobulle….) les années précédentes, nous avons fait le choix d’inviter les représentants de cette marque lors du week-end annuel que nous organisons afin de former et tenir à niveau les coordinatrices régionales de l’association.

Amélie Bottero, responsable de la région France pour Babybjorn est donc venue nous présenter les produits de la marque actuellement sur le marché et échanger avec nous à leur sujet. Si nous avions des aprioris, nous avons essayé de les mettre de côté afin que cela soit constructifs.

Outre l’histoire de la marque, nous avons découvert que les porte-bébés Babybjorn continuaient d’être très appréciés dans de nombreux pays et que la mauvaise image de la marque dans ce domaine n’était pas aussi « universelle » dans les milieux du portage internationaux que nous le supposions. Nous avons eu accès à des études et travaux réalisés avec des professionnels de santé, mettant en avant la pertinence de ces produits et leur absence de dangerosité dans le développement du bébé. Bien entendu, ces études peuvent être critiqué et chacun reste libre de se faire son propre avis sur ces résultats mais cela permet de relativiser un peu certaines convictions.

Nous avons également pu découvrir, bénéficier de démonstrations et tester nous-même l’ensemble des articles actuellement sur le marché.

Le ONE, modèle avec une assise plutôt large, témoigne d’une volonté de faire évoluer les porte-bébés Babybjorn vers des designs plus en accord avec nos idées, et répond aux attentes d’un publique plus informé sur le besoin d’un soutient complet de la base du bébé. Pour autant, c’est surement celui qui nous a le moins convaincu. Pour résumer, en reprenant les mots de l’une de mes collègues présentes à ce week-end : « On dirait un prototype où l’on aurait rassemblé toutes les nouveautés et idées en gestation au sein des R&D mais ou du coup, les bénéfices de certaines idées viennent s’annuler l’un l’autre ». Typiquement, cette assise large, l’enfant n’y reposera jamais correctement quel que soit son âge. Petit il sera suspendu dans un réducteur, plus grand le patron du tablier ne permettra pas de correctement soutenir les jambes devenues lourdes. En revanche, il est prévu pour un passage dos sécurisé : bretelles clipsées particulièrement efficaces.

Le MOVE, un modèle héritier de la longue histoire du porte-bébé Babybjorn qui, s’il conserve les principaux traits et mécanismes de ses ancêtres, apporte malgré tous des nouveautés tel qu’une assise bien plus large que les précédents, un dossier relativement souple et un calle tête retournable.

Enfin le MINI, sur un patron semblable au MOVE et notamment celui en Double jersay (proche du Hoodie Carrier de Love Raduis) est celui qui nous a le plus séduit, et nous a obligés à remettre en question nos convictions. En effet, son tissu souple, son assise et son système de réglage nous ont permis d’obtenir de jolis enroulés. A noter en revanche que celui-ci ne permettra pas une installation enroulée au-delà de quelques semaines/mois et que ces tests ont été réalisés à cette occasion avec des poupons.

Voici les photos comparatives d’un vieux Babybjorn et du Mini. Si l’on voit bien les choses qui les rapprochent, on peut également observer les évolutions : élargissement de l’assise, évolution des matériaux et suppression presque totale des baleines sensées maintenir le dos droit au profit d’un tablier s’adaptant mieux au corps de bébé.

Voici à quoi ressemble une installation ajustée avec le Mini. Pour l’obtenir, il s’agit d’aller un peu plus loin que les recommandations de la marque concernant les réglages et l’installation. Ainsi, avec un tout petit, on préfèrera conserver les bras près du visage plutôt que bloqués dans les passages de bras. On travaillera également l’assise en la réglant de sorte que le tablier poche, en sortant plus de tissu au niveau du milieu et en tirant pour réduire les côtés et mieux maintenir les genoux relevés.

Bien entendu, ce produit ne respectera jamais aussi bien la physiologie des bébés que les écharpes de portage qui reste les plus adaptables et polyvalentes à mon sens. Comme tous les porte-bébés, ils ne sont pas « sur mesure » comme le serait une bonne installation en écharpe et il convient d’être très attentif aux particularités de chaque bébé: poids, tonus, posture. Cela demande des réglages pointus mais nos tests nous ont permis de constater que le Mini pouvait permettre un maintien aussi pertinent voir meilleur qu’avec un préformé réglable type Néo ou Emeibaby sur de touts petits bébés (mais malheureusement uniquement à un instant T car pour cette installation nous utilisons la largeur max du tablier qui ne pourra donc pas évoluer au-delà).

Cette journée nous a donné l’occasion d’aller plus loin que les idées préconçues, prêtes à l’emploi et couramment propagées dans le milieu du portage. Et si nous ne revenons absolument pas sur le fait que le bébé a besoin d’un bon soutien par la base que les anciens modèles ne permettaient pas, et que le chemin à parcourir est encore long pour que nous puissions conseillé volontiers ces porte-bébés, nous sommes forcées de constater que les choses changent et que les produits permettent des installations de plus en plus adaptées aux besoins du nouveau-né tel que nous les concevons.

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