Choisir son sling tricoté

Choisir son sling tricoté : comparatif des propositions du marché français.

Ces dernières années, le nombre de slings en mailles tricotées a considérablement augmenté. Inexistant encore il y peu, les parents peuvent aujourd’hui en trouver pas moins de 5 rien que pour les marques françaises. Ce type de produit est mis en valeur pour sa douceur, son confort, son effet « seconde peau » très cocon et ses performances en termes de portage de tous petits bébés. Afin de vous aidez à choisir votre sling tricoté idéal, cet article a pour objectif de faire le point sur ces produis, leurs différences et leur points communs.

Nous allons donc comparer les produits suivants (sélectionnés car ils sont tous de marque et/ou de fabrication française) :

Le Ginkgo – Josette La Chouette (JLC) : Premier sling de la marque qui proposait déjà des tubes et des écharpes en tricot (je vous en parle ici). La marque se distingue par le travail graphique réalisé par sa créatrice Juliette Merris (graphiste et illustratrice).

Le Palm Sensation XL anneaux or rose – June 22 : June 22 jouit d’une belle notoriété notamment sur les réseaux sociaux. La marque propose notamment l’utilisation de 2 slings afin de compenser l’asymétrie d’un seul sling. Ici nous avons la version XL, plus long et plus large que ses petits frères.

Le Tricosling Uni Bleu – Lana : Si les textiles de la marque allemande sont élaborés outre-Rhin, c’est bien ici, en France, que les écharpes tricotées Lana ont été développées et crées en collaboration avec Guillaume Guerid et aujourd’hui Tinge Garden.

La Petite Echarpe Sans Nœud (PESN) Bordeaux/Marron Glacé – Love Radius : Je Porte Mon Bébé aujourd’hui Love Radius, ont été les premiers à proposer un sling tricoté en 2013. Ces derniers ont développé un tricot tout spécialement conçu pour ce portage. Ici 2 couches soudées avec une membrane respirant pour plus de soutien.

Le My sling Ecru – Néobulle : Néobulle est une marque française, née de la volonté d’accompagner les familles grâce au portage et à l’aromathérapie. Elle propose ici sa version du sling tricoté en respectant ses engagements habituels : une fabrication française et du coton bio.

Les dimensions (effectivement mesurée)

Une écharpe plus large permettra de porter un enfant plus grand (dans la mesure où celle-ci est assez soutenante). Pour rappel, le tissu doit pouvoir couvrir l’enfant du creux des genoux jusqu’à la nuque. En sling et a fortiori en tricot, il est indispensable d’avoir du rab de largueur regroupé sous les genoux. En effet, ce restant de corde offrira un renfort nécessaire pour sécuriser l’installation.  C’est donc ici Josette La Chouette (74 cm) qui propose le sling le plus large alors que le plus étroit est la PESN (64 cm).

Pour ce qui est de la longueur, elle aura une incidence principalement sur le côté pratique et esthétique de l’installation. Un gabarit 3XL, comme moi, arrivera le plus souvent à boucler un sling même court. En revanche le travail de serrage sera compliqué par le manque de longueur au niveau de la queue et l’esthétique en sera modifiée. Pour un gabarit XS, un sling trop long peut présenter une queue encombrante voir qui traine dans certain cas. Il est alors possible de diminuer cette longueur en tournant autour des anneaux ou en l’utilisant comme renfort au creux des genoux.

Ici le plus long sera de loin le Tricotsling (212 cm) et le plus court le Mysling (170 cm). On pourrait penser que ce dernier est au contraire le plus long et c'est la cas si l'on prend en compte sa pointe mais j’ai tenu à mesure la longueur utile, au plus court de la pointe. En effet, les serrages doivent être fixés (nœud, twist, anneaux…) sur toute la largeur de l’écharpe sans quoi une partie de la tension ne sera pas maintenue. Les pointes sont donc purement esthétiques et ne doivent pas être prises en compte dans la longueur utile d’une écharpe.

Le soutien

Celui-ci varie en fonction de l’extensibilité (dans la longueur ET la largeur), du grammage, du type de tricot, de sa densité et dans une moindre mesure, de la composition.

Pour mesurer l’extensibilité, j’ai pris des carrées de 10cm sur 10cm et j’ai mesuré les dimensions maximum atteintes par ce carré. Les résultats montrent une extensibilité modérée et donc un meilleur soutient pour la PESN et la JLC. En revanche les slings Lana et June 22 présentent les possibilités d’extension les plus importantes. Cela peut conduire à une tendance à pocher lorsqu’on porte de gros bébés et à créer des lignes de tension cisaillant au niveau des coutures.

Pour ce qui est de la composition, tous sont en 100% coton bio à l’exception du Love Raduis qui est en 100% viscose de hêtre. La viscose est une fibre obtenue grâce à un procédé chimique à base de matière naturelle. Elle est aussi appelée soie artificielle. Elle présente l’avantage d’être respirante et très fluide avec une sensation de fraicheur. Ma préférence ira malgré tout au coton bio d’un point de vue éthique.

Pour ce qui est du grammage, ici les 300gm² de la PESN seront difficilement comparables aux autres puisque la fibre n’est pas la même. Pour les cotons, les faibles grammages des Lana et June 22 expliquent leur finesse et l’extensibilité des textiles.

Si l’on observe le tricot, on reconnait aisément les points caractéristiques du jersey. La tricoteuse avertie remarquera en revanche que l’envers du tricot présente lui aussi un point de jersey (et non un point mousse). Il s’agit dans tous les cas d’une sorte de jersey mais pas d’un « simple » jersey. J’avoue ne pas avoir assez de connaissances dans ce domaine pour mener plus loin mon analyse (j’ai une formation en prévision, je reviendrai peut-être sur cet article après l’avoir suivie).

Chaque marque a déterminé des préconisations de poids. Tous utilisables dès la naissance, les slings Néobulle et Love Raduis ont passé les tests de résistance jusqu’à 14/15kg, là où les autres ne sont pas prévus pour porter au-delà de 9/10kg. Pour autant, les dimensions et la densité du Josette La Chouette permet de porter des enfants plus grands de façon assez confortable.

Le confort

Le tricot apporte un effet stretch au portage assez agréable. Le fait que ces 5 slings soient sans élasthanne évite un effet rebond trop important, ce qui n’est pas négligeable. Même avec mon poupon toodler, je n’ai pas trop ressenti l’effet (à noter quand même que ce poupon pèse 5.7kg et est donc loin du poids d’utilisation max préconisé par les fabricants).

Les anneaux posent parfois problème. Avec la PESN ils sont en taille M et cela complique la manipulation si l’on veut ajuster le serrage (sur le haut du dos par exemple) en plis par plis. A contrario, les anneaux tailles L des Lana et June 22 peuvent glisser, compliquant là aussi l’ajustement du serrage et nécessitant un réajustement au cours du portage. Ici, les slings Néobulle et Josette la chouette se distinguent car leur épaisseur est mieux adaptée à leurs anneaux en taille L (*on me dit dans l'oreillette qu'il existe de JLC avec des anneaux en taille M mais notons que c'est exceptionnel).

La douceur

Les résultats ci-dessous ont été obtenus grâce à des tests à l’aveugle mais uniquement par moi. Le vainqueur est, au regard de mes mains, indéniablement le Tricosling de Lana suivit par le sling de JLC. Le moins doux étant le Mysling.

Le design

Sans comparaison, le sling Ginkgo est pour moi le design le plus abouti. La créatrice fait une fois encore bénéficier sa marque de son talent d’illustratrice avec des motifs originaux et très élégants. Les plumes du June 22 apportent également un peu de fantaisie dans ce panel de slings unis ou bicolores.

Le prix

Le sling le plus abordable sera le My sling de Néobulle avec un prix public de 42€ plus de 2 fois moins cher que le Tricosling de Lana. La PESN et le sling June 22 se rapprochant du prix moyen dans ce comparatif.

Que peut-on dire pour conclure ?

Pour ce qui est de la douceur évoquée et de l’effet second peau, si c’est variable d’un produit à l’autre, c’est indéniable, les slings tricotés s’avèrent particulièrement agréables à porter et en particulier le Lana.

Ils présentent un autre avantage avec les tous petits bébés. Les tricots étant plutôt fin et surtout bien souple, ils s’adaptent facilement à l’anatomie des nouveaux nés et le restant de corde (écharpe regroupée) présent dans les tout petits genoux des nouveau-nés est assez fin pour ne pas trop gêner l’enroulement. Ici la PESN de Love Raduis est particulièrement pertinente car plus étroite et peu extensible.

Pour ce qui est de la soutenance c’est à mon sens, là que le bât blesse. Il est parfois assez technique d’ajuster le serrage pour allier maintien optimum et confort en tricoté. Avec un bébé qui grandi, le poids rendra le portage plus inconfortable qu’avec la plupart des slings tissés. Ici, la bonne soutenance et les dimensions généreuses du Josette la chouette lui permette de tirer son épingle du jeu et de dépanner agréablement même au-delà des recommandations de poids.

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